Domaine de validité et limite de l'outil

Les données utilisées dans l’outil sont issues :

  • de références obtenues dans toute la France (plus de 12 000 références issues de 1200 essais).

  • de simulations (modèle Stics : modèle développé par l’INRAE permettant de simuler le système sol – atmosphère – culture). Au total plus de 450 000 simulations dans différents contextes pédoclimatiques (24 contextes de France métropolitaine).

Mais, la version 2 est très récente (mise en ligne en Novembre 2020) et il n’y a pas encore de données précises publiées concernant la fiabilité des résultats obtenus.

L’utilisation de MERCI implique de pratiquer une mesure de biomasse au champ. Cette étape peut être contraignante (temps estimé : environ 45 minutes pour 3 placettes) mais est nécessaire pour obtenir des données les plus fiables possibles.

L’outil permet de renseigner la plupart des espèces utilisées en couverts végétaux. Cependant, les références n’existent pas encore pour certaines espèces. C’est pourquoi, des valeurs moyennes, par famille botanique, permettent de réaliser les calculs pour une espèce non proposée dans la liste (ex : moyenne légumineuses).

MERCI est prévu pour une utilisation dans le cas d’une destruction avant une culture de printemps et non d’automne (date de destruction comprise entre le 1er octobre et le 30 avril). Ces dates correspondent au domaine de validité de la méthode MERCI.

 

En ce qui concerne l’azote, MERCI ne se limite pas à la quantité d’azote piégé par le couvert. En effet, l’outil prend également en compte la production d’azote avec l’intégration des légumineuses. Enfin il permet d’intégrer le risque le lessivage de l’azote en fonction du contexte pédoclimatique de la parcelle (ce qui n’était pas le cas dans la version 1).

La cinétique de minéralisation de l’azote du couvert est illustrée grâce à la frise fournie par l’outil. Dans le cas d’une utilisation en grades cultures, cela permet de prendre en compte l’azote déjà minéralisé à l’ouverture du bilan et ainsi de le retrancher à l’azote fourni par le couvert dans le bilan de fertilisation (l’azote déjà minéralisé est alors pris en compte dans la valeur de reliquat d’azote de la parcelle).

 

Dans le cas des résidus laissés en surface, la dynamique de minéralisation des éléments est encore mal connue (paramétrage du modèle Stics toujours en cours sur cette modalité). Dans la plateforme MERCI, les résidus « laissés en surface » sont considérés comme « broyés » en éléments grossiers de 2 à 15 cm.

Pour les résidus à C/N faible (< 10), MERCI considère que la quantité d’azote minéralisée sur 6 mois est identique dans le cas des résidus enfouis ou laissés en surface. Par contre, la vitesse de minéralisation est plus lente sur les 2 premiers mois pour les résidus laissés en surface.

Pour les résidus à C/N moyen à élevé (C/N > 25), le modèle considère que les résidus laissés en surface entrainent moins de faim d’azote en début de minéralisation (1er mois). Et, la quantité totale minéralisée au bout de 6 mois est plus élevée dans le cas des résidus laissés en surface.

L’outil permet également de prendre en compte l’effet du couvert sur les restitutions des éléments P, K, Mg et S qui ne constitue pas une obligation règlementaire (comme c’est le cas pour l’azote : zone vulnérable) mais qui reste intéressant pour la gestion de la fertilisation.

A ce jour, MERCI est le seul outil qui permet de quantifier l’impact des couverts végétaux sur la fertilité chimique des sols.