Conclusion
Il faut retenir que la fertilisation passe d'abord par une bonne connaissance du potentiel des sols et de leurs caractéristiques intrinsèques. Les premiers outils du producteur pour assurer la fertilité du sol demeurent l'adoption de bonnes pratiques culturales, telles que la culture des engrais verts, la rotation des cultures et le travail du sol à minima. Puis, comme on met l'accent sur la vie du sol, l'agriculteur a ensuite recours aux amendements et engrais organiques pour nourrir la vie du sol puis les plantes. Enfin, pour corriger les carences ou faire une fertilisation d'appoint, il peut compter sur plusieurs engrais minéraux. Dans tous les cas, il doit viser un maintien ou une amélioration de la fertilité du sol tout en s'assurant de ne pas nuire à l'environnement.
La fertilisation organique doit être raisonnée à partir de la succession des cultures, et notamment la mise en place des légumineuses dans l'assolement et les rotations car c'est l'azote le premier facteur limitant. Dans un second temps, il faut envisager des apports complémentaires d'amendements organiques (surtout pour compenser les exportations en phosphore, potassium et autres éléments).
Dans la pratique, on s'aperçoit que si on privilégie le bon fonctionnement biologique du sol avec des pratiques culturales adaptées comme le non-travail du sol, l'emploi systématique d'engrais verts, de composts pour les cultures gourmandes et des légumineuses dans la rotation, et surtout des apports de matières organiques de différentes nature au sol, et bien, au bout de plusieurs saisons, le sol s'enrichit par l'activité biologique et devient de plus en plus fertile, limitant de plus en plus le recours à des amendements ou engrais correctifs. C'est un travail, peut-être un peu long mais dont les résultats sont indéniables.
Selon Christian de Carné-Carnavalet,
Le taux de MO constamment alimenté et la minéralisation assurée à longueur d'année maintiennent les sols à un niveau fertilisant suffisant pour toutes cultures. Terminé le principe « quel niveau de production tu veux atteindre, je te dirai la fumure NPK à fournir ». Avec le recours aux organismes du sol, les niveaux de récoltes atteignent naturellement et dépassent souvent les niveaux atteints en fertilisation chimique. Tous les essais dans le monde le montrent avec netteté : le pouvoir du melting-pot enzymatique des microorganismes, des plantes et des réactions biogéochimiques induites, assure ce niveau élevé de récoltes, saines de surcroît [et]avec une qualité gustative et nutritionnelle supérieure. La présence continue des MO en décomposition fait qu'il n'y a plus besoin d'engrais complémentaires à incorporer après deux années de pratique du maraîchage biologique [mené de façon agroécologique].