La matière organique, le carbone
En agroécologie, la fertilisation que l'on utilise est avant tout organique. Elle permet d'amener les trois éléments majeurs du fameux trio NPK (azote, phosphore et potassium) mais également du carbone organique. C'est sans doute l'effet le plus important et le plus marquant à court, moyen et long terme sur le sol. L'apport de carbone a, avant tout, un rôle énergétique pour tous les êtres vivants du sol, des micro-organismes (bactéries, champignons, …) à la macrofaune. Le rôle des matières organiques sur les propriétés du sol est primordial car elles augmentent l'aération, la rétention en eau, la stabilité de la structure, la capacité d'échange cationique (CEC) et diminuent la densité. Un des drames de l'agriculture est bien d'avoir négligé la teneur en matière organique des sols jusqu'à des taux dramatiquement bas (moins de 1 % sur certaines terres de la plaine de Saverdun ou de Pamiers). Le travail excessif du sol, avec des labours profonds et renouvelés chaque année, ainsi que le fait de laisser les sols nus, ont contribué à la baisse du taux de matières organiques dans les sols. Parmi d'autres techniques, la suppression du travail du sol et la couverture permanente permettent d'augmenter la matière organique du sol. Ainsi, un sol conduit de cette façon peut stocker chaque année 1 tonne de carbone/ha alors qu'un labour fait perdre 0,5 t de carbone/ha.
Le travail de l'agriculteur consiste donc à fournir le gîte et le couvert à toute la vie du sol de la bactérie à l'animal. Cette vie du sol construit sa fertilité. En augmentant le taux de matière organique on met à disposition des cultures un maximum d'éléments chimiques simples. S'il n'y a pas d'activité biologique dans le sol, on peut amener tous les amendements organiques que l'on veut, on n'aura pas l'effet escompté. Ainsi la fertilité n'est pas la fertilisation.
Fondamental :
Pour résumer on ne s'attache ni à « nourrir la plante pour produire plus » ni à « nourrir le sol pour nourrir la plante » mais bien à « nourrir la vie du sol pour assurer la mobilisation et le transfert des réserves nutritives du sol vivant vers la plante ».