Introduction

Qu'est-ce que la fertilisation ?

Ce terme évoque d'emblée l'apport d'éléments minéraux au sol pour nourrir les plantes cultivées. Si l'on parle de fertilité des sols, on pense le plus souvent à la richesse des sols en éléments nutritifs. En agroécologie, il faut élargir ce concept de départ. La fertilité d'un sol n'est pas une simple conception mathématique basée sur les chiffres donnés par une analyse conventionnelle de sol. La fertilité peut aussi être considérée comme la capacité d'un sol à donner un bon rendement. En agroécologie la fertilité est la capacité du sol à soutenir la vie de l'ensemble de l'agroécosystème. L'agroécosystème regroupe les cultures, les animaux, les humains mais aussi les organismes vivants du sol ainsi que la faune et la flore du milieu naturel. Autrement dit, la fertilité d'un sol est sa capacité à transformer les apports de matière organique (vivante ou morte) en nutriments assimilables par les végétaux et donc en biomasse végétale. Cette assimilation suppose la transformation de la matière organique brute et l'établissement de ponts entre le sol minéral et la plante, afin de mobiliser les réserves du sol. La mobilisation n'est possible que si le sol a une bonne capacité de rétention en eau (d'où souvent une bonne structure et suffisamment d'humus stable). Elle est le fait des micro-organismes, dont l'action est favorisée et entretenue par la présence et le rôle des macro-organismes (dont les racines des plantes).

En agriculture, le concept dominant, lorsque l'on parle de fertilisation des cultures, est de s'intéresser d'abord, et avant tout, à la fourniture d'éléments nutritifs solubles directement à la plante. Il est évident que cette approche est incomplète et n'aborde la fertilisation que par un seul aspect. La démarche agroécologique invite à comprendre les liens actifs qui existent entre les sols, l'atmosphère et l'humidité, les plantes et les micro-organismes ainsi que tous les autres être vivants de l'agroécosystème. Pour développer la fertilité d'un sol (il s'agit d'optimisation et pas seulement d'augmentation), il faut tenter par tous les moyens de faciliter les relations actives entre les divers règnes de la nature. L'agroécologie tente donc de favoriser avant tout les processus biologiques des sols.