Les moyens de lutte

« Nous ne serons jamais capables de nous protéger contre les insectes, si ce n'est au moyen des insectes »

Charles de Geer entomologiste suédois (1720-1778)

in La Recherche. (1979). France: Société d'éditions scientifiques volume 10, p4 et Bulletin de la Société zoologique de France. (1991). France: Société zoologique de France. p219.

Méthodologie

La protection intégrée des cultures (PIC)

Définition

La protection intégrée des cultures (PIC) a pour objectif de réduire l’utilisation des pesticides afin de minimiser l’impact environnemental et le coût de la lutte tout en maximisant les résultats économiques de l’agriculteur.

Huit principes généraux selon l'Annexe III de la Directive 2009/128/CE
Principe n°1 : Prévenir l’apparition des maladies et des ravageurs

La protection intégrée repose en premier lieu sur l’application de combinaisons de méthodes préventives (prophylaxie) ayant pour but de placer les plantes cultivées dans les meilleures dispositions pour résister à l’ensemble de leurs bioagresseurs et de limiter l’apparition, la propagation et le développement de ceux-ci.

Cette réduction des risques est permise par la mise en œuvre de mesures qui perturbent le cycle du parasite (action sur la population initiale, évitement, atténuation en culture). On parle aussi de mesures de lutte indirecte par opposition aux mesures de lutte directe qui s’appuient sur une intervention visant directement le parasite, présent (intervention curative) ou prévu (intervention préventive).

L'objectif n'est pas d'éliminer complètement les ravageurs mais d'empêcher qu'un seul d'entre eux ne devienne dominant ou nuisible dans un système de culture.

Base de données Leviers PIC
Méthode

La base documentaire Leviers PIC rassemble des pratiques ou méthodes alternatives permettant d’éviter ou de réduire l’utilisation de produits phytopharmaceutiques. Chaque article présente de manière synthétique des éléments techniques avant de renvoyer vers des ressources plus détaillées.

Les grands principes de la Protection Intégrée des Cultures Informations[2]

Outils d’identification de maladies ou de ravageurs

Il existe une multitude de maladies et de ravageurs aux symptômes très variés. La première étape pour mettre en place des stratégies efficaces est de savoir à quelle maladie, ou à quel ravageur on a à faire.

Les sites suivants sont des ressources utiles à l’identification d’un pathogène spécifique ou encore d’une carence :

Ressources publiques ou associatives :

Ressources privées :

  • https://www.agrifind.fr/alertes/ (Société privée française qui partage quelques ressources « gratuitement » dont une base de donnée sur environ 250 bioagresseurs sur 15 cultures)

  • https://plantix.net/fr/ (Société privée allemande qui propose une application mobile « gratuite ») .

Visuel et pdf outil HERBEA

ComplémentAutoformation

Voir lien ver le « MOOC Santé des plantes » organisé par la Société Nationale d’Horticulture de France et Agrocampus Ouest dans les exercices en fin de module.

Quelques ressources pour les grandes cultures

Notion de seuil de nuisibilité

Le seuil de nuisibilité détermine le moment à partir duquel une population de bio-agresseur n’est plus tolérée.

Ce seuil est déterminé en fonction de la perte économique engendrée par la présence de la maladie ou du ravageur. Si la perte économique due aux dégâts causés par le bio-agresseur est supérieure au coût du moyen de lutte mis en œuvre, le seuil de nuisibilité est atteint. L’intervention est alors recommandée.

 

Le seuil de nuisibilité dépend de la culture, du bio-agresseur considéré, ainsi que de la région et du climat. Il existe donc des seuils de nuisibilité pour chaque culture en fonction du pathogène considéré.

Ainsi, il faut distinguer la notion de dégât, de dommage et de perte économique.

 

DéfinitionDégâts ≠ dommages ≠ Pertes économiques
  • Les dégâts correspondent à l’observation de l’impact de la population de bio-agresseurs sur la culture. Ce sont symptômes observés sur la culture.

 

  • Les dommages font référence à la perte de récolte (quantitative ou qualitative) due à l’activité d’un bio-agresseur.

 

  • Les pertes économiques correspondent à la baisse des recettes liée à l’attaque d’un bio-agresseur. Elles peuvent avoir comme origine la baisse de rendement et / ou un déficit de qualité de la production suite à l’attaque du pathogène.

 

Les dégâts n’occasionnent pas forcément de dommages ou de pertes.

Ainsi pour certains ravageurs, on peut chercher à limiter les pertes économiques tout en tolérant un certain niveau de dégât ou de dommage.

FondamentalLutte préventive, lutte curative

Parmi les moyens de lutte, il est important de distinguer la lutte préventive et la lutte curative :

  • Tant que le seuil de nuisibilité n’est pas atteint, la lutte reste préventive, que la population d’indésirables soit présente ou non. L’objectif d’une lutte préventive est d’éviter d’atteindre le seuil de nuisibilité.

  • Au-delà du seuil de nuisibilité, l’intervention devient curative, car elle a pour but de réduire et de réguler la population d’indésirables pour redescendre en dessous du seuil de nuisibilité.

ConseilLe BSV (Bulletin de Santé du Végétal)

Afin de positionner au mieux une intervention sur une culture, il est important de connaître la pression de maladie ou de ravageur.

Le Bulletin de Santé du Végétal est une source d’information intéressante pour cela. Le BSV est une lettre d’information à destination des agriculteurs et des techniciens qui permet d’avoir un état des lieux sanitaire à l’échelle régionale pour une culture donnée. Il est édité toutes les semaines pour les grandes cultures et tous les 15 jours pour le maraîchage. Il repose sur des relevés de terrain réalisés par des observateurs.

Voici les liens pour consulter les BSV de la région Midi Pyrénées :

Les méthodes indirectes

Définition

Ce sont principalement des méthodes préventives, particulièrement importantes dans le cas d’exploitation en agriculture biologique où l'utilisation des produits phytosanitaires de synthèse est proscrite. Pour limiter la pression des maladies et des ravageurs, il faut alors concentrer ses efforts sur les mesures préventives, dans la mesure où les méthodes de lutte curatives sont limitées, en AB.

Le travail du sol

Il doit être réalisé de manière réfléchie afin d'aboutir à une bonne structuration et à une bonne aération. Le labour permet parfois de détruire les organismes qui hivernent dans le sol par destruction mécanique, dessèchement, ou exposition au froid.

L'alimentation en eau

Elle doit également être équilibrée afin d’éviter les stress hydriques ou au contraire, l’accumulation trop importante d’eau.

La fertilisation

Elle doit être équilibrée : un apport trop élevé d'engrais azoté favorise les attaques de champignons et de ravageurs.

La gestion des résidus

Les résidus végétaux doivent être broyés ou détruits, car ils constituent le support de certains agents pathogènes et sont donc des sources potentielles de contamination. Dans certains cas, il est également préférable de détruire les autres plantes hôtes du pathogène.

La rotation des cultures

Une rotation large et variée et des jachères permettent de limiter les problèmes de maladies et de ravageurs. En cas de difficultés avec un pathogène sur une parcelle donnée, il est préconisé :

  • D’éviter la culture atteinte par le pathogène sur cette parcelle

  • De favoriser les cultures de plantes non-hôtes

  • De mettre en place des cultures résistantes ou toxique pour le pathogène.

Le choix des variétés et des plants/semences

Le choix de variétés naturellement tolérantes ou résistantes aux agents pathogènes est également un levier important.

L'utilisation de semences et de plants certifiés et normalisés, le choix des plants à l'achat est aussi une mesure de prévention.

Les mesures d'hygiène

Terre, feuilles, graines, spores, pollens, arthropodes, sève, exsudats végétaux : tous ces éléments peuvent être transportés par les outils mécaniques et motorisés, d’une parcelle à une autre, ou encore dans les locaux de stockage.

La plupart du temps cette dissémination reste sans conséquence. Mais lorsqu’il s’agit de maladies à foyers, de parasites de quarantaine, de nématodes, de bactérioses ou de maladies à virus, il est prudent d’appliquer aux différents outils des mesures simples de nettoyage ou de désinfection pour éviter la propagation de bioagresseurs les plus préjudiciables.

Favoriser la biodiversité
Pour limiter la pression phytosanitaire et développer les synergies

La diversité spatiale réduit également les problèmes phytosanitaires. Idéalement, les parcelles d'une même culture ne doivent pas être trop proches ou du moins séparées par des haies.

Certaines plantes ont des propriétés répulsives vis-à-vis des ravageurs, tels que les Tagètes ou l'Absinthe. Elles peuvent être semées à proximité ou comme précédent dans la rotation de la culture considérée. Cependant, certains de ces effets sont à prendre au conditionnel car ces données sont souvent basées sur des observations empiriques.

Pour le développement des auxiliaires

Le fait de favoriser la biodiversité aux abords et au sein des parcelles permet d’accroître les populations d’auxiliaires qui peuvent également jouer un rôle très important dans la protection des cultures.

Pour favoriser leur développement il faut maintenir ou créer des zones de refuges (zones écologiques réservoirs) dans l'environnement. Ainsi, les haies et les bandes enherbées jouent un rôle d'abri et d'alimentation pour de nombreux auxiliaires. Les terres difficilement exploitables, et bordure de champ par exemple peuvent également jouer ce rôle, ainsi que les mares et les étangs. Il s'agit de lutte biologique indirecte, par conservation.

Les méthodes directes

Les protections physiques

Des protections physiques permettent de faire obstacle aux ravageurs avant toute invasion.

  • Les voiles ou les filets anti-insectes, permettent de limiter les attaques des ravageurs aériens et des virus qu'ils transmettent (ex : altise, mouche de la carotte).

  • Les paillages : avec des produits naturels (paille) ou plastiques. Mais attention, même si la présence de paillage présente certains avantages, elle peut également favoriser les attaques de limaces.

  • La solarisation. C’est une méthode qui repose sur l’utilisation du rayonnement solaire afin d’augmenter la température des couches superficielles de sol (entre 35 et 60 °C sur les 30 premiers centimètres) jusqu’à un niveau suffisant pour détruire (ou au moins affaiblir) de nombreux agents pathogènes des plantes. La solarisation consiste à couvrir le sol avec une bâche transparente pendant un à deux mois. Elle est essentiellement pratiquée sous serre.

  • Irrigation, brumisation : la brumisation des fraisiers sous tunnels réduit les thrips. L’irrigation par aspersion sur les Brassicacées permet de limiter les altises. L’irrigation par aspersion permet souvent de limiter la prolifération des acariens.

La lutte biologique

La lutte biologique est basée sur l'exploitation par l'Homme et à son profit d'une relation naturelle entre deux êtres vivants :

  • la cible est un organisme indésirable, ravageur d'une plante cultivée, mauvaise herbe, parasite...

  • l'agent de lutte (ou auxiliaire) est un parasite, un prédateur ou un agent pathogène du premier, qui le tue à plus ou moins brève échéance en s'en nourrissant ou tout au moins limite son développement.

Complément

L'expression « lutte biologique » est apparue pour la première fois en anglais sous la forme biological control sous la plume de l'entomologiste américain Harry Scott Smith, dans un article publié en 1919 dans la revue scientifique Journal of Economic Entomology (Smith HS (1919) On some phases of insect control by the biological method. Journal of Economic Entomology 12: 288–292)

DéfinitionLes auxiliaires

Ce sont le plus souvent des insectes ou des acariens entomophages ou parasites utilisés pour combattre des ravageurs.

D'autres auxiliaires peuvent aussi être des bactéries qui provoquent certaines maladies chez les insectes nuisibles.

Exemple
  • La coccinelle (larves et adultes) qui se nourrit de pucerons.

  • Contre la pyrale, ravageur du maïs, on utilise couramment une espèce de Trichogramme qui est un micro-hyménoptère (0,5 mm) dont les larves se développent au détriment des œufs de pyrale.

DéfinitionLa confusion sexuelle

Cette méthode consiste à utiliser des phéromones sexuelles :

  • pour attirer les mâles dans des pièges

  • ou les désorienter par confusion.

Différentes méthodes
Lutte Biologique classique

Ou lutte par importation. Elle vise un contrôle sur le long terme de ravageurs, généralement non-natifs par l'acclimatation d’agents auxiliaires introduits (antagoniste du ravageur ciblé). Cette stratégie a longtemps été la plus importante et a connu un certain nombre de succès.

Exemple
  • Le contrôle de la cochenille australienne (Icerya purchasi) dans les vergers de citronniers de Californie, par l’importation de deux de ses ennemis naturels (Rodolia cardinalis et Cryptochaetum iceryae) en 1889 par John Riley et collaborateurs (Sweetman, 1936).

  • Le contrôle de contre Prostephanus truncatus et Sitophilus zeamais en Afrique occidentale grâce l'introduction de Teretrius nigrescens, une espèce de coléoptère histeridé originaire du Mexique, élevée et introduite en quantité par l'Institut international d'agriculture tropicale. (Holst (N.) & Meikle (W.), 2003.- Teretrius nigrescens against larger grain borer Prostephanus truncatus in African maize stores: biological control at work ? Journal of Applied Ecology, 40 (2): 307-319

  • Le contrôle de la cicadelle pisseuse (Homalodisca vitripennis) en Polynésie française par l'introduction du parasitoïde Gonatocerus ashmeadi. Il s'est établi avec succès et a contrôlé 95 % des populations de cicadelles pisseuses sans impact collatéral sur la faune locale. (Source wikipédia)

Lutte Biologique par augmentation

Elle consiste à relâcher de manière répétitive (tant que le problème n'est pas réglé) des auxiliaires (à l'origine absents ou insuffisants) dans des environnements en général clos comme les serres dans le but de contrôler un ravageur qui est apparu. Cette augmentation se fait selon deux stratégies différentes :

  • l'augmentation par inondation (Inundative biological control) qui consiste à relâcher en masse des ennemis naturels élevés en conditions contrôlées.

  • l'augmentation par inoculation (Inoculative biological control) qui consiste à relâcher des auxiliaires capables de se multiplier rapidement en présence du ravageur. On compte donc sur la descendance des auxiliaires introduits (en non sur les individus introduits) mais contrairement à la lutte biologique classique l'installation durable de l'auxiliaire n'est pas visée.

Inoculation est plus « préventive » que l'inondation mais si pas de plantes banques, ne reste de toute manière pas .... l'effet est donc temporaire, cela reste des méthodes dites « curatives ».

Lutte Biologique par Conservation et Gestion des Habitats

Plutôt que l'introduction d'agent de lutte biologique, cette stratégie vise la promotion des agents auxiliaires existants. Elle repose sur la modification de l’environnement et des pratiques agricoles pour maintenir et stimuler les ennemis naturels dans le but de réduire l’impact des bioagresseurs. Ceci se traduit, par exemple, par la mise en place de bords de champ sans apports d’herbicides pour maintenir une certaine diversité végétale, l’implantation de zones favorables à l’hivernation des prédateurs ou des parasitoïdes (“beetle banks”) ou de bordures fleuries pour fournir des ressources trophiques nécessaires aux ennemis naturels.

Elle se focalise à la fois sur :

  • l'aménagement du biotope

  • et la modification des pratiques agricoles.

Elle revêt un caractère permanent (point commun avec la lutte biologique classique) qui s'oppose au caractère temporaire de la lutte biologique par augmentation (par inoculation et par inondation).

Pour une zone biogéographique donnée on considère :

  • la culture

  • les ravageursde celle-ci

  • les ennemis naturels de ces ravageurs,

  • les insectes pollinisateurs 

  • les plantes non cultivées qui vont fournir des habitats et ressources alimentaires aux auxiliaires y compris pollinisateurs

  • les infrastructures agroécologiques contenant ces plantes

  • les pratiques agricoles, qui agissent sur le système.

Source : https://www.herbea.org/fr/pages/lutte_bio_conservation

Seules les plantes non cultivées favorables aux antagonistes des ravageurs seront représentées, ainsi que celles qui défavorisent les ravageurs (effet "push" de la stratégie "push-pull"). Toutefois, lorsqu'elle existe dans la base de donnée, l'information sur les plantes non cultivées favorables aux ravageurs sera disponible et accessible, car elle constitue un élément important à considérer lors de la réflexion sur la mise en place d'infrastructures agroécologiques.

Dans une approche de régulation ascendante ("bottom-up"), il s'agit d'induire une modification des pratiques agricoles (choix variétal, variétés plus précoces que la variétés cultivées, cultures associées...) dans la parcelle et donc de "jouer" sur le premier niveau trophique et ainsi de défavoriser les ravageurs.

A l'inverse, l'approche de régulation descendante  ("top-down"), vise à favoriser les populations d'ennemis naturels en aménageant les bordures des parcelles afin de diversifier les habitats et ressources disponibles.

Au travers de notre outil, il s'agit d'envisager les synergies entre ces deux approches.

La stratégie "push-pull"

Approche de lutte biologique qui consiste à « chasser » les insectes ravageurs d'une culture principale et à les « charmer » vers la lisière du champ.

Cette méthode dépend de l'agencement pensé de plantes dotées de la capacité biologique ou chimique de repousser, attirer ou piéger les insectes, évitant l'utilisation d'insecticides de synthèse ou d'OGM

Autres méthodes biocontrôle
Utiliser des micro-organismes pour lutter contre les maladies

Ce levier consiste à employer des virus, des bactéries ou des champignons pour lutter contre les agents pathogènes responsables de maladies. On peut citer par exemple la bactérie Bacillus amyloliquefaciens contre le mildiou de la vigne ou le champignon Trichoderma atroviride contre le Pythium de la carotte. Ces micro-organismes vont mettre en place des mécanismes de parasitisme, compétition ou antibiose pour lutter contre les maladies.

CordycipitaceaeBeauveria bassiana (Bals.-Criv.) Vuill. (1912)

Utiliser des substances naturelles
Compléments
Reconnaitre les arthropodes (ravageurs et auxiliaires) par l'image
La lutte Chimique
DéfinitionProduit phytosanitaire

C'est une substance active ou une préparation ayant la propriété de tuer ou d’empêcher le développement d’un bio-agresseur (fongicides ou insecticides).

Ces produits peuvent avoir une action :

  • Par contact : ils agissent à l’endroit où ils sont pulvérisés

  • Systémique : le produit est absorbé et véhiculé dans toute la plante.

DéfinitionLes fongicides

Ce sont des produits phytosanitaires conçus exclusivement pour tuer ou limiter le développement des champignons parasites des végétaux. On distingue :

  • les produits préventifs empêchant le développement des spores à la surface de la plante

  • les produits curatifs qui stoppent le développement du champignon déjà installé dans la plante.

Les premiers fongicides systémiques sont apparus à la fin des années 60. Ils présentent l'avantage d'avoir une action à la fois préventive et curative.

DéfinitionLes insecticides

Ce sont des substances actives ou des préparations ayant la propriété de tuer les insectes.

Les modes d'action des insecticides peuvent être fondés sur la perturbation

  • du système nerveux,

  • de la respiration cellulaire,

  • de la mise en place de la cuticule,

  • de la mue.

Le terme insecticide recouvre les pesticides toxiques pour les insectes et les arthropodes (acariens). Il regroupe les produits détruisant les formes adultes, larvaires ou bien les œufs.

Produits phytosanitaires homologués

Les informations concernant les produits phytosanitaires homologués et les doses d’application sont disponibles sur :

  • L’index phytosanitaire de l’ACTA. C’est un livre édité tous les ans qui répertorie tous les produits phytosanitaires homologués.

  • https://ephy.anses.fr/

Utilisation de substances naturelles
Les bios pesticides

Bacillus thuringiensis, le bio-insecticide le plus utilisé au monde. Cette bactérie qui fait naturellement partie de la flore du sol, possède la capacité de tuer des insectes. Cet effet pathogène est dû aux cristaux protéiques que la bactérie synthétise au moment où, en conditions défavorables, elle produit des spores (formes de résistance). Ingérés par l'insecte, ces cristaux libèrent des toxines qui détruisent les cellules de son tube digestif, provoquant rapidement un arrêt de sa consommation alimentaire puis sa mort. Il existe de nombreuses variétés de Bacillus thuringiensis, chacune n'étant toxique que pour un nombre limité d'espèces d’insectes.

Le spinosad est une substance active de produit phytosanitaire, qui présente un effet insecticide. C'est un produit fermenté dérivé du mélange de deux toxines sécrétées par une bactérie vivant dans le sol. C’est un neurotoxique qui agit par ingestion et par contact

Certaines plantes peuvent synthétiser des substances insecticides. Celles-ci peuvent être utilisées mais avec précaution dans la mesure où elles éliminent également les prédateurs utiles :

  • Les pyréthrines : c'est un extrait végétal à action insecticide entraînant la paralysie. Il possède une faible rémanence (48 h).

  • La nicotine : c'est un alcaloïde du tabac qui détruit le système nerveux des insectes. Elle est interdite par la réglementation européenne.

Les substances minérales

Certaines huiles minérales ainsi que le savon noir ont des effets insecticides.

Certains produits minéraux simples ont des effets fongicides :

  • Le soufre : c'est un produit de contact contre l'oïdium mais aussi contre les rouilles, la tavelure et certains insectes.

  • Le cuivre : sous forme de sulfate de cuivre et de bouillie bordelaise, il est efficace contre le mildiou et en prévention d'autres maladies fongiques des céréales.

Produits et Substances homologués AB France
DéfinitionLes substances de base

Ce sont des substances pouvant être utilisées à des fins phytopharmaceutiques en agriculture alors que cela n’est pas leur vocation première.

Par exemple, le sel, le sucre, le vinaigre, la bière… Les substances de base permettent donc de se prémunir contre certaines maladies ou certains nuisibles à moindre coût.

Applications pratiques

Lutte contre les bactérioses et les maladies cryptogamiques

Méthodes préventives
  • Éviter l’excès d’humidité par drainage ou en contrôlant l’irrigation.

  • Éliminer des plantes malades, et les débris végétaux porteurs d’inoculum.

  • Éviter d’endommager les tissus végétaux lors de la taille notamment.

  • Pratiquer des rotations longues

  • Désinfecter les semences et le matériel

  • Lutter contre les insectes vecteurs (ex : les pucerons)

  • Utiliser des variétés résistantes

  • Solarisation

  • Le paillage et l’effeuillage sur le bas des plants peuvent limiter la propagation liée à l’effet splash

Méthodes curatives

C'est le recours aux fongicides ou aux bactéricides (antibiotiques). Les antibiotiques sont très peu autorisés dans la plupart des pays du fait des risques de sélection de souches résistantes.

Lutte contre les viroses

A ce jour on ne connaît pas de substance chimique capable d’assurer une lutte curative contre les virus. Seule la lutte préventive peut être envisagée :

  • Utilisation de variétés naturellement résistantes, ou greffées;

  • Détection et élimination des plantes atteintes (le plus précocement possible);

  • Lutte contre les insectes vecteurs (nématodes, cicadelles, pucerons, etc.);

  • Élimination des adventices, qui peuvent être des plantes hôtes.

Lutte contre les ravageurs

Mollusques
Rongeurs et rodenticides
Méthode mécanique
Piège à campagnol TopcatInformations[3]
Campagnol des champs, des méthodes de lutte combinées sont nécessaires
Des perchoirs faits maison pour lutter naturellement contre les rongeurs

Réguler la prolifération des rongeurs dans les parcelles grâce aux rapaces

Les rongeurs peuvent représenter un réel problème pour les agriculteurs qui ont recours au semis direct. Pour y remédier, de plus en plus installent des perchoirs afin de favoriser la présence de rapaces et réduire ainsi la prolifération des ravageurs. Dans une vidéo publiée sur sa chaîne Youtube, David Forge nous explique la construction d'un perchoir fait maison.

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Agriculteur en Indre-et-Loire, David Forge a testé cette campagne le semis direct pour une parcelle d'orge d'hiver dans une luzerne, implantée pendant trois ans. Parmi les avantages mis en avant : pas de perturbation de la vie du sol, économies sur le fioul et les pièces d'usure, indique l'agriculteur youtubeur dans une vidéo diffusée sur sa Chaîne agricole.

Il note toutefois un inconvénient : l'installation des rongeurs (mulots, campagnols...). Dans cette parcelle, ces derniers creusent des galeries dans la parcelle et se nourrissement notamment de végétaux. Actuellement, David Forge a recensé environ 4-5 terriers dans son champ de 11 ha : « cela ne représentera peut-être pas un gros impact sur le rendement, mais dans certains cas, cela peut être beaucoup plus important ».

Cliquez sur le curseur pour lancer la vidéo. 

Pour y remédier, l'agriculteur entend « utiliser la biodiversité qui l'entoure ». Les rapaces permettent, en effet, de réguler la prolifération des rongeurs. Une buse variable peut consommer plusieurs centaines de campagnols par an, une chouette effraie plus d’un millier. Et pour les aider, David Forge leur fabrique un perchoir : « une petite zone à quelques mètres de hauteur au milieu des champs, où ils pourront venir se poser, observer et intervenir ».

La Ligue de protection des oiseaux (LPO), dans son programme "Des terres et des ailes" lancé en 2018, précise : « les piquets en bois de clôture sont particulièrement appréciés par la buse variable et l’effraie des clochers, alors que les perchoirs plus hauts (2 m et plus) sont utilisés par le faucon crécerelle, la chevêche d’Athéna… D’autres rapaces utilisent les perchoirs en milieu rural, mais de façon plus sporadique comme le faucon émerillon, le milan royal, le faucon pèlerin… ».

Rapaces communs présents en plaines ouvertes et qui utilisent les perchoirs (Source : programme "Des terres et des ailes") 

Rapaces diurnes

Rapaces nocturnes

Buse variable

Effraie des clochers

Faucon crécerelle

Chevêche d'Athena

Faucon émerillon (en hiver)

Faucon pèlerin (sédentaire)

Milan royal (sédentaire)

Milan noir (estivant)

Points d'attention pour se lancer dans la construction d'un perchoir

Pour la construction, David Forge utilise des matériaux de récupération. La LPO note l'importance que « la partie horizontale ne soit pas glissante » et conseille d'utiliser « une branche de bois brut, à bien fixer au poteau à l’aide de tasseaux faisant office d’équerre. Les poteaux doivent être placés à moins 2 m de haut, la hauteur idéale se situant à 2,5 m voire 3 m. Un trou de 40 à 50 cm de profondeur est souvent nécessaire afin d’y enfoncer le poteau principal du perchoir. Vous pouvez aussi utiliser un tuyau métallique planté dans le sol, d’un diamètre plus grand que le poteau et de cette façon, le perchoir devient amovible et peut être enlevé facilement ».

Côté localisation, les perchoirs sont « à installer en priorité à proximité des zones infestées (à raison d'un ou deux par ha), mais ils peuvent aussi être répartis sur la ferme pour agir de manière préventive ».

La lutte chimique : les conseils du pyromane