Itinéraire technique des couverts végétaux
Etant donné qu’il n’est pas destiné à la vente, l’itinéraire technique du couvert végétal doit être simple pour limiter la perte de temps et le coût.
Les points clés de l'itinéraire technique d'un couvert végétal sont :
l'implantation
la destruction
L'implantation
La date de semis
Les doses et les dates de semis de l’inter-culture dépendent des espèces choisies pour le couvert. Néanmoins, il faut veiller à respecter la règlementation :
en zone vulnérable le semis doit permettre la couverture du sol à l’automne.
or zone vulnérable, il faut respecter la mesure BCAE 6. Dans le cas d’une inter-culture longue, la date de semis doit donc permettre une couverture du sol pour au moins 6 semaines entre le 1er Septembre et le 30 Novembre.
Il est conseillé de semer assez rapidement après la récolte de la culture précédente. Un semis sur un sol ayant conservé de l’humidité permet une levée rapide et réussie du couvert, nécessaire pour que l’inter-culture soit efficace.
Le semis doit être réalisé suffisamment tôt pour permettre au couvert de se développer.
La méthode de semis
Conseil : Préparation du sol avant les semis
Les résidus de cultures laissés après récolte peuvent gêner la levée de l’inter-culture. S’ils ne sont pas enlevés, il est parfois préférable de les broyer avant l’implantation du couvert. Il est également possible de travailler le sol en surface, à l’aide d’un déchaumeur, afin d’obtenir un lit de semence. Un faux semis peut également être réalisé, pour permettre de limiter la concurrence entre les adventices et le couvert pendant les premiers stades de développement.
Les couverts végétaux peuvent être implantés de différentes façons. Les exigences de semis sont différentes selon l’espèce implantée. Elles peuvent être faibles (semis à la volée, germination des graines à la surface du sol) à fortes (nécessité d’enfouissement, positionnement correct dans le sol).
Le semis à la volée est généralement plus adapté pour des graines de petite taille. Le semis peut alors être réalisé à l’aide d’un distributeur centrifuge (méthode rapide et peu coûteuse, mais adaptée pour des graines rondes et lourdes). Le passage d’un rouleau après le semis permet d’améliorer l’implantation du couvert en assurant le contact terre-graine.
En revanche, les espèces à grosse graines nécessitent d’être enterrées à environ 3 - 4 cm de profondeur et d’être bien recouvertes pour germer dans de bonnes conditions. L’utilisation d’un matériel de semis direct est idéale pour maîtriser la profondeur d’implantation. Mais un semis réalisé à l’aide d’un distributeur d'engrais pneumatique suivi d’un simple enfouissement (déchaumage) donne aussi des résultats satisfaisants.
La méthode de semis résulte souvent d’un compromis entre les exigences des espèces choisies et le matériel disponible.
Attention :
Les mélanges d’espèces permettent de sécuriser la réussite et l’efficacité du couvert. Mais attention, plus on ajoute d’espèces, plus on augmente la technicité pour que toutes les espèces s’implantent correctement.
La destruction
Choix de la date de destruction
Le choix de la date de destruction résulte bien souvent d’un compromis entre différents aspects :
Les facteurs agronomiques et les objectifs visés (augmentation du taux de MO, diminution de l’érosion, limiter le développement des adventices, effet CIPAN…)
Le choix du couvert, c’est-à-dire la (ou les) espèce(s) qui compose(nt) le couvert (durée du cycle de développement, date de floraison…)
Le type de sol : si le sol est argileux, et que l’on prévoit une destruction mécanique, il faudra probablement privilégier une destruction précoce. A l’inverse, un sol limoneux peut permettre de laisser le couvert se développer plus longtemps.
Le mode de destruction (gel, mécanique...)
L’impact sur le sol et la culture suivante.
La règlementation (zone vulnérable et BCAE 6).
Les avantages d'un destruction précoce
Une destruction précoce présente certains avantages :
éviter la lignification des couverts à cycle courts plus difficiles à incorporer par la suite et risquant de gêner le semis suivant,
éviter le risque d'effets dépressifs de certaines espèces sur la culture suivante (exemple : les céréales, risque de faim d'azote),
éviter la montée à graine sur les couverts à cycle court (exemple : la moutarde),
laisser suffisamment de temps pour effectuer un travail du sol, si besoin. Et permettre au sol de se réchauffer plus rapidement au printemps (en particulier pour les sols lourds).
Les avantages d'une destruction tardive
Une destruction tardive aura l’avantage de prolonger la structuration du sol par les racines, de limiter l’érosion et le développement des adventices.
Les légumineuses requièrent également une destruction tardive pour ne pas libérer l’azote trop tôt car elles sont très vite minéralisées.
La destitution tardive permet également d’optimiser l’enrichissement du sol en humus. Mais si le couvert a commencé à se lignifier, cela augmente le risque de faim d’azote.
Conseil : A quel stade phénologique faut-il détruire le couvert ?
Le stade floraison, ou épi pointant est souvent un bon compromis entre impact sur la matière organique et effet fertilisant pour la culture suivante. De plus, beaucoup d’espèces sont sensibles à la destruction mécanique à ce stade. Attention toutefois à ne pas attendre la production de graines.

Méthode de destruction
Les couverts peuvent être détruits mécaniquement, chimiquement (en système conventionnel, mais attention à la règlementation) ou par le gel pour certaines espèces. Il est nécessaire d'adapter le mode de destruction à l'espèce choisie.
Destruction par le gel
Avec les plantes gélives et bien développées, en année moyenne, les conditions climatiques peuvent permettre une destruction du couvert sans intervention spécifique. Le roulage du couvert en période de gel facilite cette destruction naturelle du couvert. Cependant, les espèces trop gélives (sarrasin) ne sont pas recommandées en zones de gelées précoces car elles risquent d’être détruites avant de s’être suffisamment développées.


Destruction mécanique
Pour les espèces non gélives, la destruction mécanique est à privilégier. Elle peut se faire par roulage (rouleau FACA, rouleau hacheur) ou par broyage (tondeuse à fléaux).
Elle permet une incorporation en surface du couvert, favorisant sa dégradation et la libération de l'azote. Il est également possible d’utiliser un outil à disques ou à dents qui permettra de favoriser l’aération du sol. L'apport de fumier peut être réalisé avant la destruction du couvert : l’incorporation du fumier et la destruction du couvert sont ainsi réalisées en un seul passage.
Sur petites surfaces, il est également possible d’occulter le couvert après l’avoir broyé ou roulé pour accélérer sa décomposition. Dans ce cas, la bâche d’occultation peut être conservée entre 2 semaines et un mois et demi en fonction de la saison ou encore de l’abondance du couvert.
Si on souhaite enfouir le couvert, un broyage préalable peut être nécessaire si le couvert est abondant. Puis, il est possible d’incorporer les résidus grâce à un travail du sol plus ou moins profond (labour ou simplement déchaumage).







Source : Guide sur la destruction mécanique des couverts végétaux, CUMA 640 Béarn – Landes –Pays Basque
