Généralités
Qu'est ce qu'un couvert végétal
Les couverts végétaux sont des plantes semées entre 2 cultures principales.
Un couvert végétal permanent ou la mise en place d'une (ou plusieurs) plante(s) de couverture du sol entre deux périodes de culture sont des pratiques dont l'intérêt est de mieux en mieux reconnu. Les couverts végétaux ont été introduits dans les années 2000, en parallèle de l'adoption des Techniques Culturales Simplifiées (TCS) et des essais réalisés en Semis-direct (SD).
Les avantages sont nombreux : protection contre l'érosion, lutte contre certaines pollutions, lutte contre l'envahissement par des adventices, économie d'engrais pour les cultures à venir…
Fondamental : Quelle différence entre « inter-culture », « CIPAN », « engrais vert ».... ?
Couverts, inter-cultures, dérobées, engrais verts, CIPAN, tous ces termes sont proches et se distinguent par la finalité de la couverture végétale mise en place sur la parcelle. A la différence d’une culture, les couverts n’ont pas vocation à être récoltés et peuvent même être conduits en continu en parallèle des cultures (cas des systèmes en semis sous couvert).
L’appellation de CIPAN (cultures intermédiaires pièges à nitrates) se focalise sur le rôle de capteur du couvert pour éviter les fuites d’azote dans le milieu.
Tandis que le terme d’engrais vert considère le couvert au regard de ses restitutions à la parcelle une fois celui-ci détruit.
On parle de culture dérobée ou de culture intermédiaire fourragère quand une culture intermédiaire est récoltée pour être valorisée dans l’alimentation d’un troupeau.
Enfin, le terme CIVE (culture intermédiaire à vocation énergétique) fait référence aux cultures intermédiaire qui sont valorisées par de la production d'énergie (dans un méthaniseur par exemple).
Pourquoi utiliser des couverts végétaux ?
A l’automne comme à la reprise printanière, les couverts ont plusieurs cordes à leur arc.
Implantés après les récoltes de l’été, ils permettront de couvrir les sols pendant l’hiver avant l’implantation d’une culture de printemps. Les éléments nutritifs résiduels sont prélevés par le couvert pour sa croissance et éviteront ainsi d’être lessivés vers les eaux souterraines. Le rôle principal d’une culture intermédiaire est donc de piéger les nitrates. C’est pourquoi cette technique est devenue obligatoire dans certains cas.
A l'implantation de la culture suivante, le couvert détruit relarguera ces éléments en les rendant disponibles pour la culture suivante. L’utilisation des couverts comme engrais verts est encore plus efficace si des légumineuses sont présentes dans le couvert.
Mais ce n’est pas tout, les cultures intermédiaires sont aussi bénéfiques pour l’état des sols : en surface, elles permettent de limiter l’érosion, le ruissellement et la battance. En profondeur, elles permettent d’améliorer la structure du sol par leurs racines, et, en se décomposant, de maintenir le taux de matière organique et l’activité biologique du sol.
Enfin, en fonction des espèces implantées, les cultures intermédiaires peuvent rompre le cycle de certains parasites ou avoir un effet allélopathique (libération de substances qui empêchent la pousse d’adventices).
Les bénéfices apportés par les cultures intermédiaires sont donc nombreux et compensent souvent leur coût d’implantation. Cette technique s’inscrit pleinement dans l’optique de systèmes de productions économes en intrants.
Conseil :
Pour obtenir les effets escomptés notamment en termes de gestion des adventices et de pression parasitaire, le choix des espèces est déterminant et se raisonne en fonction de la rotation et des itinéraires techniques.
Pour respecter la réglementation
Parcelles en zone vulnérables
Depuis l’automne 2012, les sols, en zone vulnérable, doivent être couverts à l’automne (hors cas particulier, Cf cours directive nitrate):
• Soit par une culture d’hiver ou une prairie,
• Soit par une culture intermédiaire ou une dérobée, ou une CIPAN avant une culture de printemps,
• Soit par des repousses denses et homogènes de céréales ou de colza
• Soit par un mulchage des cannes de maïs grain, sorgho et tournesol
D’après l’arrête préfectoral du 21 décembre 2018, en Occitanie, pour les parcelles en zone vulnérable, les CIPAN et les dérobées doivent être implantées au plus tard au 15 Octobre. Elles doivent être maintenues au moins 2 mois à compter de la date de semis et ne peuvent être détruites avant le 1er novembre. Les dates d’implantation et de destruction varient en fonction de régions.
Parcelles hors zone vulnérable
A partie de 2023, la nouvelle PAC définie une nouvelle mesure à respecter dans le cadre de la conditionnalité des aides : la mesure BCAE (Bonnes Conditions Agricoles et Environnementales) 6 : la couverture des sols, disponible grâce au lien suivant :
https://agriculture.gouv.fr/la-conditionnalite-des-aides-pac
Texte légal : Extrait de la règlementation BCAE 6 : La couverture des sols
« La parcelle est située en dehors des zones vulnérables
• Pour toute parcelle déclarée en terre arable, pour les intercultures longues, une couverture végétale doit désormais être mise en place après la récolte pendant une période de six semaines au choix de l’exploitant entre le 1er septembre et le 30 novembre.
Les couverts suivants sont autorisés : couverts semés, repousses, mulch, cannes ou chaumes du précédent cultural.
• Pour les terres en jachère : existence d’un semis ou d’un couvert spontané au 31 mai.
Ces jachères ne peuvent être détruites avant le 31 août et doivent par ailleurs rester en place pendant au moins 6 mois.
• Entre les phases d’arrachage et de réimplantation des cultures fruitières, viticoles ou de houblons, une couverture végétale implantée ou spontanée doit être en place au 31 mai. »

