Etape 2 : chiffrer les sources
Fondamental :
La seconde étape est de chiffrer les sources en éléments fertilisants. C’est-à-dire, les éléments N, P et K qui sont fournis à la culture en place indépendamment des apports d’engrais ou d’amendements.
Ces sources peuvent être de plusieurs natures :
Azote issu de la minéralisation de l’humus.
Effets liés au précédent cultural
Il existe d’autres sources notamment le reliquat de la culture précédente. C’est-à-dire les quantités de N, P et K qu’il reste dans le sol du fait de l’itinéraire de fertilisation de la culture précédente (ce qu’il y avait en trop). Cependant, cette donnée est généralement négligée dans le calcul du bilan, en maraîchage, car il est extrêmement difficile de l’estimer en l’absence d’analyse de sol.
Fondamental : Azote issu de la minéralisation de l’humus :
C’est ce qu’on appelle la minéralisation secondaire M2. Chaque année, une partie de l’humus stable est perdu par minéralisation. C’est la perte qui est chiffrée dans le bilan humique.
Généralement, on considère que l’humus contient 5% d’azote. Donc, l’azote issu de la minéralisation correspond à 5% de la perte annuelle d’humus. Pour calculer une quantité relativement précise, il faut se baser sur le bilan humique selon la formule suivante :
Fondamental : Effet du précédent cultural :
Le précédent cultural peut constituer une source non négligeable d’éléments fertilisants pour la culture suivante. On peut distinguer différents cas :
Résidus de cultures :
En se dégradant, les résidus de la culture précédente restituent des éléments fertilisants dans le sol dont une partie est assimilable par la culture en place. En culture maraîchère, il est parfois ardu d’avoir des données précises à ce sujet dans la bibliographie, en particulier pour P et K. C’est pourquoi, bien souvent, on se concentre sur la quantité d’azote issue de la minéralisation de ces résidus de culture.
Les engrais verts :
Les engrais verts prélèvent dans le sol les éléments dont ils ont besoin pour se développer, puis les libèrent en se décomposant. Afin de bénéficier au mieux de cet effet fertilisant lié aux engrais verts, il faut les enfouir lorsque l’activité biologique est présente. Il est donc préférable de privilégier une destruction au printemps plutôt qu’en hiver. Pour augmenter le dégagement d’éléments fertilisants liés à la destruction de l’engrais vert, il faut le détruire à un stade phénologique précoce (au plus tard à floraison). En effet, une destruction plus tardive favorisera la formation de matière organique stable au détriment des apports en N, P et K pour la culture suivante.
La Chambre Régionale d’Agriculture du Poitou-Charentes a développer une méthode d’estimation des éléments restitués par les cultures intermédiaires, appelée méthode MERCI. Cet outil permet de calculer les restitutions de N, P et K consécutives à la destruction d’une (ou plusieurs) espèce donnée dans des conditions définies.
Cette méthode sera développée plus loin dans ce module
Le cas particulier des retournements de prairies :
Lors de leur destruction, les prairies restituent des quantités importantes d’azote pour la culture suivante (N+1) mais également l’année d’après (N+2) dans certains cas. Les quantités restituées dépendent de l’âge de la prairie et de la saison la destruction ; directement en lien avec l’activité biologique du sol qui permettra la minéralisation des résidus. Là encore, les données concernent les quantités d’azote restituées lors du retournement d’une prairie (en Kg de N / ha).