Interprétation du bilan humique
Fondamental :
Si le résultat du bilan humique est négatif, cela signifie que l’on est dans une situation de dégradation du sol : au fil du temps, le taux de MO du sol tend à diminuer.
A l’inverse, si le résultat du bilan humique est positif, cela témoigne du fait qu’au fil du temps, le taux de MO tend à augmenter. On est alors dans une situation d’aggradation du sol.
La méthode du bilan humique, bien qu’approximative, s’avère néanmoins utile pour prédire l’évolution future de la teneur en MO d’un sol en fonction des pratiques agricoles. Le bilan humique permet, en particulier, d’identifier les situations susceptibles de mener à un appauvrissement des sols en MO. Il aide également à mettre en place des itinéraires techniques favorables au maintien ou à l’amélioration du taux de MO.
Exemple :
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Attention :
Le bilan humique modélise uniquement les flux de matière organique, sans tenir compte de la culture en place (ce n'est pas l'objet).
Donc, le résultat du bilan humique n'a AUCUN LIEN AVEC LES BESOINS DE LA CULTURE.
Fondamental : l'interprétation des résultat du bilan humique dépend du contexte
Le taux de MO de départ : Est-il élevé ou non ?
Les objectifs de l'agriculteur : quel taux désiré ?
En fonction de ce contexte, le bilan humique permet d'envisager, si nécessaire, des adaptations des pratiques afin d'améliorer le résultat du bilan humique.
Le bilan humique permet de mettre en évidence les situations « extrêmes » , grâce à l'interprétation du taux de variation du stock d'humus.
=> Baisse du taux de MO, qui entraine :
une déstructuration du sol
une augmentation du risque de battance, du compaction, de lessivage.
une mauvaise rétention de l'eau et des minéraux
... etc.
=> Augmentation trop importante et trop rapide du taux de MO :
Risque de provoquer des phénomènes de blocage: la matière organique fraîche est présente en trop grande quantité pour être convenablement dégradée par la faune du sol
Risque de relargage important d’éléments fertilisants (qui sera mis en évidence dans le bilan de fertilisation)
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Fondamental : Qu’est-ce qu’une bonne teneur en matières organiques ?
Pour l’instant, il y a peu de réponse précise à cette question.
Différents travaux de recherche ont montré que plus la teneur en argile du sol est élevée, plus le taux de matière organique souhaitable augmente. Cependant il reste très difficile de déterminer des valeurs précises. Dans la pratique, l’idée est de veiller au moins à ce que le stock de matières organiques de son sol ne diminue pas (pour éviter une dégradation sur le moyen et long terme), voire de se donner un objectif de rehaussement si l’on estime que les propriétés physiques, chimiques, biologiques et ainsi, la fertilité générale de son sol, peuvent être améliorées.
Une étude récemment menée en Suisse par Pascal BOIVIN, a permis d'établir une relation entre l'état structural du sol et l'équilibre entre le taux d'argile et le taux de matière organique. D’après ces travaux, il y a une corrélation entre l’état de la structure du sol et la valeur du ratio taux matière organique / taux d’argile minimal. Ainsi, la structure est qualifiée de « bonne » (score de 3 sur l’échelle d’évaluation visuelle de la structure des horizons de surface) à partir d’un ratio taux matière organique / taux d’argile de 0.17. Et, elle est considérée comme « idéale » (score de 1 ou 2) pour un ratio de 0.24.
Bien que cette étude ne soit pas encore un consensus, cette indication peut permettre de définir un taux de MO à atteindre en fonction du taux d’argile du sol.
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Complément : Limites de la méthode
Comme tous modèles, la méthode du bilan humique présente certaines limites :
En premier lieux, le stock d’humus de départ est déterminé à partir de la profondeur de travail du sol, ce qui introduit un biais dans le modèle et le rend difficilement applicable en cas de non travail du sol. Dans ce cas-là, il est généralement recommandé de prendre 5 cm de profondeur « théorique » de travail de sol afin de pouvoir réaliser le calcul.
Dans le bilan humique, on part du postulat que la répartition de la matière organique est homogène dans le profil de sol, ce qui n'est généralement pas le cas (+ de MO dans les horizons de surface).
La méthode est basée sur des estimations théoriques, par conséquent, sa précision est limitée et dépend directement de la fiabilité des différentes variables (Taux de MO, K1, K2…). De plus, la production et la décomposition de MO sont influencées par de nombreux facteurs (intensité de l’activité biologique du sol, climat…).
En conclusion, le bilan humique est loin d’être une méthode parfaitement exacte et infaillible. Toutefois, elle permet de mettre en évidence les grands flux de MO, de déterminer une tendance (accroissement ou diminution) et ainsi d’établir une stratégie de gestion à long terme de la MO. Idéalement, pour une exploitation durable de son sol, il convient de compléter ce bilan humique par des analyses de sols régulières.
Méthode : Analyser les résultats du bilan humique
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Méthode : Simulation de différentes profondeur de travail du sol
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